Souvenirs d’un temps pas encore oublié…


Souvenirs d’un temps pas encore oublié…

 

Je viens de relire avec plaisir un article de monsieur Georges REM dans la publication : « Si Liège m’était conté de 1966 » concernant les cafés et guinguettes du vieux Liège. L’auteur s’interroge à propos du plus vieux café de Liège encore accessible et de cité le café « Au point de vue » sur l’ex place au chevaux ou sur la place du marché « As Ouhês » ou le café « Café des Deux Fontaines » rue Haute Sauvenière.

 

Je me souviens que dans le passé, les hommes buvaient volontiers leurs gouttes alors que les  dames buvaient du Verjus, vin blanc sucré où macéraient des raisins. Les gosses buvaient  du soda dans des bouteilles à billes aromatisé de grenadine ou de menthe.

Adolescent, mon père m’autorisait un  « Fargo grenadine ».

 

Mr REM rapporte qu’autrefois, un mandement du 22 janvier 1716 interdisait de verser à boire les dimanches et jours de fêtes obligatoires durant les offices paroissiaux. Interdiction également de servir les jours de Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint  et  Noël. Il est vrai que naguère les hommes communiaient volontiers au bistrot tandis que les femmes communiaient à l’église.

 

Je ne jouerai pas à l’historien érudit mais avant que les souvenirs ne s’estompent et disparaissent, j’ai remué les souvenirs de deux anciens (non Madame ! je n’ai pas dit deux « vieux » mais deux Saint-Séverinois de souche encore bien actifs sur  « presque » tous les plans). C’est ainsi que j’ai appris que l’on brassait la bière chez NOE, rue d’Engihoul mais aussi que l’on « vidait la goutte » dans pratiquement tous les commerces du village, par exemple : à la coopérative chez HECK, chez JAMART ex-Casse-croûte sur la grande route, chez Théophile BREUSKIN.

Rue d’Engihoul, on « vidait aussi la goutte » chez LIMBREE, chez BODEUX, chez Octave DENEUMOSTIER, chez Alfred LOMBA et chez Louis ELOY.

Sur la place du village, chez Armand ORY et chez Camille LAMBERT où on jouait aux quilles, chez SALMON, à la fois et coiffeur et chez VIVIANE.

Chez GONDA, on dansait dans la salle. Rue des Houssales, on se retrouvait  chez NEFKEN ou chez GOSSET, le cordonnier et chez Alphonse LEFEBVRE.

 

Enfin, El Rouwe, on «vidait la goutte» chez LACROIX.

 

Dix-sept endroits où, en ces temps-là, on buvait volontiers le péket dans des petits verres sans pied que l’on appelait « Hèna » ou « Plat-cou » ou « Tchiquèt » ou encore  « Hûfion ». 

Ne me dit pas que les Saint-Séverinois étaient tous alcooliques, un petit verre de genièvre, il n’y a rien de tel pour vous ragaillardir.

 

De toute façon, c’était au temps où tout le monde se connaissait. En ce temps-là, les gens se saluaient, se parlaient, s’entraidaient, la vie à Saint-Séverin était plus conviviale,

Les anciens ont plein d’histoires à raconter, et nous, où en sommes-nous ? 

 

Merci à ces deux Saint-Séverinois, pour ces souvenirs du temps où Saint-Séverin séverinait.                  

 

 

 

Nous parlions la dernière fois des endroits où l’on pouvait boire la goutte, mais l’on pouvait aussi boire de l’eau (hem !).

 

Mais ce breuvage ne coulait pas comme aujourd’hui d’un beau robinet chromé. En ces temps là, été comme hiver, il fallait aller remplir ses seaux aux divers puits, pompes et sources du village.

 

Les ménagères s’y rendaient, leurs seaux pendus au « hârkê » ; c’était l’occasion de papoter, de se raconter les petits événements de la vie, parfois de médire des voisins et voisines.

 

Trois pompes en fonte subsistent encore bien que hors d’usage ; une se trouve rue Petit-Fraineux, une autre au coin de la rue d’Engihoul et de la rue du Bosquet, la troisième est située prés de l’ancienne école des filles. Une source  trouvait au lieu-dit « a l’rodje » pompe à hauteur du virage de la rue de Fraineux.

 

Une autre encore vers le milieu de la rue El Rouwe à 150 mètres sur la droite. La source du ruisseau « des Fornai » est à environ 300 mètres derrière la chapelle Saint Donat.

 

A coté de la chapelle, rue des Houssales se trouvait une fontaine ainsi que sur la place en face de l’église.

 

On puisait l’eau à 150 mètres derrière la ferme Poulain et à la fontaine du moulin de Falogne.

Bien sûr, ces divers poins d’eau approvisionnaient la population en eau potable ; pour la toilette, le bain du dimanche, la lessive, le ménage, beaucoup récoltaient » l’êwe di gotîre » dans des tonneaux de bois ou des citernes.

 

Il est possible aussi que certains disposaient de puits privés, mais je n’ai eu aucune confirmation quant au village de Saint-Séverin.

 

Aujourd’hui, l’eau coule à profusion dans chaque maison au point qu’on la gaspille parfois, mais, serait-il bien sage de s’abreuver encore aux sources naturelles sans doute polluées ?

 

Avec les trois mousquetaires de la « Causette », il est bien agréable de faire revivre ces choses du passé ; merci donc à Yvon Lorneau, Robert Gilson et André Fagnoul, mais je croix que pour eux, c’est l’occasion de revivre leur jeunesse.

 

Au dernières nouvelles, un puits existait chez Edgard Fouarge à l’entrée de la rue Houssales.





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